au cœur des tensions avec la France, la force Sabre

Un manifestant tient une pancarte lors d'une manifestation de soutien au président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et appelle au départ de l'ambassadeur de France et des forces militaires, à Ouagadougou, le 20 janvier 2023. (Photo by OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)
OLYMPIE DE MAISMONT / AFP Un manifestant tient une pancarte lors d’une manifestation de soutien au président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et appelle au départ de l’ambassadeur de France et des forces militaires, à Ouagadougou, le 20 janvier 2023. (Photo by OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

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Burkina Faso : au cœur des tensions avec la France, les troupes au sabre (Photos d’une manifestation au Burkina Faso pour le départ des troupes françaises, 20 janvier 2023)

BURKINA – Ouagadougou montre la porte. Le porte-parole du gouvernement burkinabé a confirmé lundi 23 janvier que Ouagadougou avait demandé le départ des troupes françaises basées dans le pays d’ici un mois, mais Paris a répondu qu’il attendait des éclaircissements du président de transition Ibrahim Traoré. Le Burkina accueille actuellement un contingent de près de 400 forces spéciales françaises : la force Sabre.

“Ce que nous montrons, c’est un accord qui permet aux troupes françaises d’être au Burkina Faso. Ce n’est pas la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France.a déclaré le porte-parole du gouvernement burkinabé, Jean-Emmanuel Ouédraogo, dans une interview à la Radio-Télévision du Burkina (RTB).

“Les troupes françaises sont basées à Ouagadougou à la demande du Burkina Faso et de ses autorités. Cette dénonciation est dans l’ordre normal, donné dans les termes de l’accord militaire”a-t-il poursuivi en indiquant que la procédure était abandonnée “un mois à l’autre partie pour accepter cette demande”.

Mais que voudraient les forces de Saber pour quitter le Burkina ?

Mission : éliminer le chef du réseau djihadiste

La Saber Force est un appareil des forces spéciales, ce qui signifie que très peu d’informations sont communiquées. Comme le montre TV5 Monde, à la fin des années 2000, le commandement des opérations spéciales français a déployé au Burkina Faso environ 400 hommes surentraînés, issus du commandement de la marine, de l’aviation ou de l’armée française. Ils sont spécialisés dans les missions les plus sensibles.

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Ce groupe” très doué, surtout en intelligence », définit le média, effectuant chaque année une quarantaine de missions et précisément pour éliminer la grande taille du réseau jihadiste. On doit à l’élimination d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui, le chef de l’EIGS (État islamique au Grand Sahara) décédé en septembre 2021 et Abdelmalek Droukdel, le chef d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) tué en juin 2020 au Mali, selon RFI.

Les forces de Saber sont essentiellement indépendantes de la mission Barkhane, annoncée récemment par la France. ” Secrètes par définition, les Forces Spéciales ne participent pas officiellement à l’entraînement de l’armée burkinabé. note TV5 Monde.

“Être un acteur majeur de la reconquête de notre territoire”

“Nous avons reçu une note verbale (du ministère burkinabé) envoyée à notre ambassade”La porte-parole du Quai d’Orsay, Anne-Claire Legendre, a déclaré à l’AFP dans un communiqué écrit. « En tant que président de la République (Emmanuel Macron) hier, nous attendons que le président de transition burkinabé (Ibrahim Traoré) précise la portée de cette note »il ajouta.

Paris souhaite que la demande de départ soit confirmée par le président Traoré lui-même avant de prendre des notes. Des sources françaises correspondantes font état d’un désaccord au sein du gouvernement burkinabé sur le maintien ou non des troupes françaises.

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“A ce stade, on ne sait pas comment faire plus clair que ça”, avait précédemment annoncé lundi Jean-Emmanuel Ouédraogo. Selon lui, cette demande concernait le départ des troupes françaises “pas lié à un événement particulier”.

“Cela est lié à la volonté, aujourd’hui des autorités de transition et de tous les Burkinabés, d’être le premier acteur de la reconquête de notre territoire”a-t-il ajouté, ajoutant qu’il attendait des pays amis “L’accompagnement se fait avant tout au niveau matériel” pour aider les forces de sécurité.

Départ de l’Ambassadeur de France

La France, ancienne puissance coloniale, est contestée au Burkina depuis des mois. En décembre, les autorités burkinabé ont demandé à Paris de remplacer l’ambassadeur de France, Luc Hallade, dans le collimateur, notamment parce qu’il avait rendu compte de la situation sécuritaire dans le pays.

Lundi, Jean-Emmanuel Ouédraogo a indiqué que le gouvernement a “recevoir toutes les assurances que les autorités françaises accepteront cette demande cette semaine”. Mais selon des sources diplomatiques, son sort n’est pas scellé et il se trouve toujours à Ouagadougou.

Le dernier échange bilatéral officiel a eu lieu le 10 janvier entre le capitaine Traoré et la secrétaire d’État Chrysoula Zacharopoulou qui a assuré que la France n’imposera rien à moins qu’elle ne puisse rien faire. “volonté de créer un avenir ensemble”.

La Russie, un choix de raison »

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre après le putsch, le capitaine Traoré et son gouvernement ont affiché une volonté de partenariats divers, notamment dans la lutte contre le djihadisme. Les nouvelles autorités ont entamé ces dernières semaines un rapprochement avec la Russie.

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Le Premier ministre burkinabé s’est rendu à Moscou en décembre et a déclaré il y a deux semaines que le partenariat avec la Russie “choix de raison”.

Ce dernier développement rappelle le précédent du Mali voisin : l’été dernier, la junte au pouvoir à Bamako a ordonné aux troupes françaises de quitter le pays après neuf ans.

Le Burkina assure à ses amis qu’il ne veut pas de Wagner

De nombreuses sources rapportent que les autorités maliennes ont commencé fin 2021 à faire intervenir le groupe paramilitaire russe Wagner, dont les actions ont été critiquées dans divers pays, ce que la junte a rejeté.

Au Burkina, les autorités ont assuré à leurs amis de Paris qu’elles ne souhaitaient pas solliciter les services de Wagner, dont l’équipe de liaison est venue prospecter dans ce pays riche en ressources minérales, selon certaines sources françaises.

Le Burkina Faso, en particulier dans le nord, est confronté depuis 2015 à des attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI). Ils ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

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