Faut-il craindre une flambée des expulsions locatives dans quelques mois ?

Un sursis pour les familles les plus difficiles. Ce mardi commence la trêve hivernale, qui prendra fin le 31 mars 2023. Cela n’empêche pas les associations caritatives de s’inquiéter de leur sort le plus précaire à l’issue de cette échéance. “On a peur de revenir en arrière, c’est-à-dire qu’on va arriver à un nombre d’expulsions proche de 2019 (16.700). Car les loyers impayés risquent d’augmenter du fait de l’inflation et de la hausse du coût de l’énergie”, a déclaré Marie Rothhahn, responsable de la lutte contre la précarité. des droits sociaux à la Fondation Abbé-Pierre.

Au ministère du Logement, on compte aussi sur ce niveau, et “le ministre a envoyé un courrier au préfet lui demandant de limiter les expulsions locatives sans solution” à la fin du cessez-le-feu, explique la délégation d’Olivier Klein, le représentant du ministre. pour le logement. Si la tendance à la hausse des expulsions se confirme à partir de fin mars, elle contrastera avec les chiffres de 2020 (8 156) et 2021 (12 500). Et cela est dû aux actions du gouvernement pour la réduire, en instruisant les préfets de la limiter au maximum, en prolongeant la trêve hivernale pendant deux années consécutives, en augmentant les fonds de la maison des solidarités et des indemnisations. donateurs, et avec l’aide croissante d’Action Logement. Tailles qui n’ont pas été mises à jour cette année. « Quoi qu’il en coûte, c’est fait », observe Marie Rothhahn.

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Expulsion sans autre logement

De plus, depuis 2020, l’équipe mobile de prévention des expulsions locatives se rend au domicile des personnes en difficulté pour tenter de trouver une solution avec elles. Le dispositif a été testé dans 26 départements : “3.000 foyers ont été visités et des diagnostics ont été posés”, indique le groupe d’Olivier Klein. “Cet accompagnement juridique et social est une très bonne chose. Mais malheureusement, cette équipe mobile n’est répartie que dans un quart du département, alors qu’elle devrait être sur toute la France”, estime Marie Rothhahn.

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L’association craint aussi qu’une bonne partie des expulsés dans les mois à venir n’aient pas de proposition de relogement. “Nous manquons de logements sociaux, de places en internat, de maisons individuelles avec un loyer abordable. Pourtant, il y a 3 millions de logements vides en France”, a souligné Marie Rothhahn.

Possibilité de fermeture d’hébergement

Par ailleurs, le gouvernement a prévu la fermeture de 14 000 places d’hébergement, 7 000 places en 2022 et 7 000 autres en 2023. La décision se justifie en soulignant qu’en 2020, le “niveau extraordinaire” des 200 000 places disponibles s’explique par la crise sanitaire. . . Mais cela a été critiqué par les élus. Dans une lettre envoyée jeudi dernier à la Première ministre Elisabeth Borne, dix maires de grandes villes de France se sont opposés à cette chute programmée. “Ce voyage pur et simple ne peut être toléré, et donc à la collectivité, sans financement supplémentaire, d’envisager les conséquences de ce choix non coordonné”, a-t-il déclaré.

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Cette perspective est d’autant plus préoccupante que les tensions autour de l’hébergement d’urgence se manifestent déjà sur le terrain. “Chaque jour, désormais, plus de 6.300 personnes qui appellent le 115 (Samu social) n’obtiennent pas de solution d’hébergement. Et plus de 2.000 enfants dorment à la rue. Ce chiffre a doublé depuis le début de l’année”, souligne Marie Rothhahn. Ce chiffre de 6 000 appels sans solution derrière est également sous-estimé, une grande partie des gens sur la route n’appellent plus le 115 fatigués de la guerre.

“Aucun enfant ne dormira cet hiver”

Mais Olivier Klein a promis qu'”aucun enfant ne dormira dans la rue cet hiver”. “Une cellule de crise a été créée sur le sujet. Les préfets seront mobilisés pour identifier la situation et trouver une solution pour la famille”, a précisé son entourage. L’association entend poursuivre le combat pour que le gouvernement renonce à la suppression des places d’hébergement : “On espère encore un arbitrage”, a déclaré Marie Rothhahn.

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