Football : «La chimio m’a défoncé le corps de l’intérieur», Sébastien Haller raconte son combat contre le cancer

Dimanche dernier était le premier jour du reste de sa vie. D’une nouvelle vie. Après plusieurs mois de lutte contre un cancer des testicules détecté en juillet dernier, Sébastien Haller est redevenu footballeur. Entré en jeu à la 62e minute, sous les applaudissements tonitruants des 82.000 spectateurs du Westfalenstadion, à guichets fermés pour l’occasion, l’attaquant du Borussia Dortmund a pris part à la victoire (4-3) face à Augsbourg. A ses pieds se trouve une paire de chaussures qui dit “F*ck cancer”. À la fin du match, il a été rejoint sur le terrain par ses trois enfants. S’il ne marquait pas à son retour, sa victoire personnelle serait-elle plus forte, plus importante ? Important.

C’est ce combat, ses mois en enfer, que le natif de Ris-Orangis (Essonne) a raconté ce mercredi dans une interview au quotidien L’Équipe. Une interview touchante, dans laquelle l’attaquant international ivoirien ne cache rien. De ses premiers symptômes lorsqu’il était avec la Côte d’Ivoire jusqu’à sa convalescence, des moments de doute mais pas de peur – “Il fallait rester fort mentalement” -, en passant par l’annonce à ses proches, à sa femme qui était en vacances avec leurs trois enfants. mais aussi à sa mère. “J’ai appelé mes frères et sœurs pour leur dire d’être avec maman le soir car ma tante qui était aussi ma meilleure amie est décédée d’un cancer en février 2020… Cela reste un traumatisme dans la famille et je sais qu’elle prendra très mal cette annonce. . »

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Il a également admis avoir subi deux opérations et quatre séances de chimio de cinq jours. “La chimio a brisé mon corps de l’intérieur, la chirurgie de l’extérieur. Alors tu prends petit à petit. Et après la chimio, même si tu te sens plutôt bien, tu as vraiment l’air malade, tu as les yeux enfoncés, plus de cheveux, des lèvres noires… Et les premiers jours, à cause du cathéter dans ma gorge, j’ai la voix d’un homme qui a été attaqué d’un rhume. Tu as dû te redresser pour le trouver car tu parlais doucement, sans forcer. C’est bizarre (sourire). »

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Sans s’apitoyer sur lui-même, même avec une pointe d’humour qui imprègne tout au long de l’interview, il dit que le regard des autres change, qu’il a conscience de faire pitié aux autres. “Tu veux montrer que tout va bien, mais il y a une sorte de pitié, je ne sais pas, ça montre que tu es malade. En fait, ça va ! Ne vous inquiétez pas (rires) ! Ça ne veut pas dire grand-chose, les gens sont en colère, et je le comprends parce qu’ils ont envie d’en parler. Ce n’est pas toujours que les joueurs de football ont un cancer. »

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La présence de sa famille, de ses amis et de Tanguy Fleury, son préparateur physique qui a couru avec lui le semi-marathon, a été indispensable pour persévérer pendant de longs mois. C’est toute cette expérience qui l’a changé. “Dans la douleur, il y a des moments qui rassemblent les gens, ça fait du bien. Et nous ouvrons. Nous ne sommes plus les mêmes, nous n’avons plus la même histoire, la même manière d’affronter les épreuves. Il y a tellement d’expériences que vous les apprécierez davantage lorsque vous les traverserez toutes. Témoignage fort.

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