le Domaine Trapet, de la Bourgogne à l’Alsace

Andrée Trapet et son fils Pierre à Riquewihr, le 5 octobre.

“J’ai l’Alsace attachée à mon corps”, dit Pierre Trapet, vigneron à Riquewihr (Haut-Rhin) pendant quatre ans. Le trentenaire a grandi dans la maison familiale de Gevrey-Chambertin, en Bourgogne. Le nom Trapet est synonyme d’excellence et résonne fortement dans le cœur des amateurs de vins, notamment de Côte-de-Nuits. En revanche, on a moins l’habitude d’en voir sur l’étiquette de la flûte alsacienne.

Il s’agit pourtant d’une aventure familiale qui s’étend sur 300 kilomètres, de la Bourgogne à l’Alsace. Et qui ne doit rien au hasard. Pierre Trapet vit désormais avec sa grand-mère, Hélène Grayer, dans un village voisin de la cave, à Beblenheim (Haut-Rhin), où la branche de sa mère a toujours habité. “Nous avons passé nos vacances ici. C’était toute mon enfance. Je me sens plus alsacienne que bourguignonne”, reconnaître le jeune vigneron, qui dit désormais mieux alsacien que sa mère, Andrée.

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Lorsque cette dernière épouse Jean-Louis Trapet en 1999, elle le rejoint dans le domaine bourguignon. “J’ai aidé Jean-Louis à Gevrey, dit Andrée Trapet, mais je reviens régulièrement pour aider mes parents, qui ont un hectare et demi de vignes à Beblenheim. » Il est vinifié côté alsacien jusqu’en 2018, date à laquelle la relève prend le relais. Désormais, les fils des époux Trapet se partagent les domaines : à Pierre de Riquewihr, qui atteint désormais 16 hectares ; à Louis celui de Gevrey, avec le même territoire. Mais chez les Trapet, malgré la distance théorique et la division, la famille reste unie et travaille ensemble.

« On plante comme nos parents le faisaient. Juste un bout de bâton en terre, sans racines, sans porte-greffe. » Pierre Trapet, vigneron à Riquewihr (Haut-Rhin)

Pour preuve, ce lundi de Pâques 2020 : alors que la France est en plein confinement, un parent et ses deux fils plantent des raisins en toute liberté, à quelques mètres du Château de Kaysersberg. C’est une parcelle de 17 ares au coeur du grand cru schlossberg qui vient d’être acquise. “Nous plantons comme le faisaient nos ancêtres, a expliqué Pierre. Juste un morceau de bâton dans le sol, sans racines, sans porte-greffe. » Une vraie prise de risque face au danger du phylloxéra, rendue possible “Grâce au sol sablonneux fait de granit”. A côté, Trapet a une autre parcelle, qui sera refaite en tant qu’échalas (tuteur), une autre épreuve, car la famille s’y plait. “Jean-Louis et moi étions au fond de la parcelle en train de préparer la forêt et les garçons plantaient avec des pioches et des pelles. Cela nous a pris deux jours.” dit Andrée.

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