Mercato médical international : quels enjeux ?

Sans l’implication de médecins étrangers, les systèmes de santé des pays riches peuvent-ils survivre ? La réponse est clairement non. Plus d’un quart des médecins travaillant dans les pays de l’OCDE ne sont pas natifs du pays où ils exercent, si l’on analyse le dernier rapport officiel sur la migration internationale des médecins, publié par l’OCDE en 2018 (1). Ce nombre n’a cessé d’augmenter : ils étaient de 21 % en 2000, 24 % en 2010 et 27 % en 2016. Cette catégorie de médecins est importante dans les pays riches, par rapport au faible nombre d’aidants qui existe depuis de nombreuses années dans de nombreux pays. de l’OCDE. et renforcés pendant l’épidémie de Covid-19. Les pays comptant le plus grand nombre de médecins nés à l’étranger sont l’Australie (près de 50 % des médecins qui y exercent), le Canada (38 %), le Royaume-Uni (33 %) et les États-Unis (30 %).

16% de médecins étrangers en France

En France, 16 % des médecins en exercice sont nés à l’étranger, un chiffre inférieur à la moyenne de l’OCDE. Ils viennent majoritairement d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, mais aussi du Liban, de Syrie et d’Afrique. Leur présence est très variable selon les régions de France. Ce sont l’Ile de France, le Centre-Val de Loire, la Corse et les départements extérieurs qui sont les plus attractifs. Selon le dernier Atlas de démographie médicale du CNOM, le nombre de médecins étrangers nouvellement inscrits est passé de 23 % à 14 % entre 2010 et 2021. Mais pour comprendre cette baisse apparente, un paramètre est à considérer : les médecins diplômés ceux hors Union européenne font l’objet d’un processus d’agrément long et fastidieux, dont la durée ne se compte pas… l’exercice en France. Mais ils sont nettement plus nombreux, a-t-elle souligné Dr. Nefissa Lakhdara, secrétaire générale du SNPADHUE, l’association de ces médecins.

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Inspiration du début, alors ?

“La première raison de leur départ est toujours de venir en France pour compléter leurs compétences. Ces dernières années, ce n’est pas tant le Covid-19 que d’autres facteurs géographiques qui ont accéléré le départ : le printemps arabe, la guerre en Syrie et plusieurs conflits en Afrique », a ajouté le Dr Lakhdara. Le processus est généralement le suivant : on vient se former, on obtient une bonne qualité de vie et finalement on reste. Seulement, les conditions de travail offertes en France génèrent plus de frustration qu’avant. la reconnaissance de leur statut suscitent plus de colère (2) « Les demandes sont encore nombreuses mais les Français diminuent. Dans les réseaux sociaux, je vois que beaucoup de médecins considèrent l’Allemagne ou le Canada comme d’autres lieux de départ, même si le critère linguistique joue encore beaucoup en France », a déclaré le Dr Lakhdara.

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Quelles sont les conséquences pour leurs pays d’origine ?

“L’organisation internationale conduit au chômage dans certains pays, et cela peut diminuer l’état de santé des gens”, a-t-il été souligné. chercheurs Yasser Moullan et Yann Bourgueil dans une étude Irdes publiée en 2014 (3). En particulier, la littérature sur le sujet montre que la densité de santé affecte directement les indicateurs de santé des enfants du pays.
Dans le rapport annuel 2006, l’OMS indiquait que 57 pays dans le monde étaient touchés pénurie aiguë de travailleurs de la santé”. “La recherche d’une vie meilleure et de revenus plus conséquents est à la base de la décision de migrer.”, En 2010, l’OMS a élaboré un code de bonnes pratiques pour le recrutement international des personnels de santé. Il prévoit notamment que “Tous les États membres s’efforcent de répondre, dans la mesure du possible, aux besoins de leurs personnels de santé avec leurs ressources humanitaires”.. Une règle difficile à appliquer, comme le montre l’exemple du Maroc qui a été contraint de faire appel à des médecins étrangers après le départ de ses médecins. La situation en Roumanie, pays devenu un véritable réservoir de médecins dans le reste de l’Europe, est encore plus marquée. Le taux de mortalité infantile est trois fois supérieur à la moyenne des pays de l’Union européenne, la diminution des équipements médicaux, le manque d’émergence des produits d’hygiène de base (médicaments, pansements, etc.) : les conséquences sont énormes, comme le montrent les recherches. sujet 2016 (4). ). En conséquence, la Roumanie a appelé un nombre croissant de professionnels de la santé de Moldavie et des pays arabes. On le voit, ce marché international des transferts de santé est devenu très difficile à contrôler et ses conséquences sur la santé publique ne sont pas encore mesurées.

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La source:

Pour en savoir plus :

1-OCDE : « Tendances récentes des migrations internationales de médecins, infirmiers et étudiants en médecine », juillet 2019
2- Voir nos actualités sur le site www.whatsupdoc-lemag.fr
3-Irdes, Question sur l’économie de la santé n°203 « Migration internationale des médecins : impact et implications politiques »
4-Raymonde Séchet, Despina Vasilcu “L’émigration des médecins roumains vers la France, entre statistiques sanitaires et recherche de meilleures conditions de travail”



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