Perpignan – L’ancien maire Jean-Paul Alduy sort un livre d’aquarelles : “C’est comme une lettre souvenir”

Jean-Paul Alduy, ancien président de l’association Perpignan Midtown (2000-2014), sénateur des Pyrénées-Orientales (2001-2011), maire de Perpignan (1993-2009), conseiller général du département (1992), avec le publication de son livre d’aquarelles sur une base artistique, il est à nouveau sur le devant de la scène médiatique. “Jusqu’à mon dernier souffle.” Ses œuvres ont été publiées pour la première fois sur Facebook en 2020 “être lié à l’épaisseur de la société.” Aujourd’hui, son travail porte encore des empreintes politiques “pizzicato” il est d’accord.

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Pourquoi Jean-Paul Alduy aurait-il choisi un tel titre pour un livre d’aquarelle en premier lieu ? “Jusqu’à mon dernier souffle” ?

Le premier titre était “Peur d’être oublié.” Je n’ai pas peur de la mort, je suis athée “Tu es né dans la saleté, tu redeviendras la saleté.” La mort sociale quelque part, il faut l’admettre. Comme la peinture, il s’agissait d’une forme de thérapie visant à faire disparaître à terme l’antichambre. Déballer le paysage est un chemin vers la beauté et la spiritualité. Et j’en ai toujours eu besoin. Donc ce qui me maintient en vie n’est pas la peur d’être oublié. Jusqu’à mon dernier souffle, je resterai un citoyen réfléchi et militant.

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"Jamais lu un discours, c'était comme une aquarelle."

“Je n’ai jamais lu un discours, c’était comme une aquarelle.”
L’Indépendant – Michelle Clémence

Pourquoi utiliser l’aquarelle maintenant ? Est-ce une technique picturale qui vous oblige à vous immerger dans une bulle de sang-froid, une disposition bien éloignée de l’hyperactivité qui se dégage pendant votre mandat d’élu ?

Écoute, je vais te contredire. Les aquarelles sont très rapides : j’en ai eu une de Bryce Canyon (Utah, USA) en moins d’une minute. Une fois que le jus est sorti, si vous le perdez, vous ne pouvez pas le réparer. Et vous ne savez pas quels seront les résultats. Il y a une sorte de secret. C’est comme un discours politique : les phrases arrivent, des fois on sait les faire sortir quand on en a besoin, d’autres fois c’est de la bouillie pour le chat. Jamais lu un discours, c’était comme une aquarelle.

Y a-t-il une action militante dans votre livre de fiction ?

Il y a forcément de la politique. Il y a les aquarelles du village que j’ai proposées aux maires lors des élections sénatoriales de 2001 et les oeuvres que j’ai faites à Perpignan. Quand je dessine le quai Vauban, la place République, la gare TGV, l’église des Carmélites, la Casa Musicale, Visa pour l’Image au monastère des Minim, j’explique l’origine et le cheminement, car rien n’était facile. . C’est un livre comme une lettre-cadeau.

"Tome "Perpignan la catalane" fière de sa masse, de son cosmopolitisme et de sa géopolitique."

“Pour moi, ‘Perpignan la Catalane’ est plurielle, fière de son cosmopolitisme et de sa géopolitique.”
L’Indépendant – Michelle Clémence

Manifestation nationale à la mairie de Perpignan en 2020 : “Ecrire et commenter tout ça m’a fait mal”

Vous y avez dit : “Je dois honnêtement dire que ce revers de la filière aquarelle est dû aux élections municipales de 2020.” Vous évoquez, sans le nommer, l’élu d’extrême droite Louis Aliot à la tête de Perpignan. L’aquarelle vous a-t-elle permis de supprimer cette composante politique ?

Non, ce n’est pas une blessure. Cela m’a peiné d’écrire et d’exprimer mon opinion sur tout cela alors que je regardais l’état d’esprit politique se défaire dans notre ville, puis dans notre département. Je me suis dit: “Jean Paul, tu vas ressembler à la statue d’un commandant aigre. Non.” Voir venir le “Perpignan blanc”… (il soupire) C’était comme une éclipse. Le nom du nouveau maire n’est pas mentionné dans le livre parce que personne ne s’en soucie. Mais côté valeurs : Avec Saint-Jean-Baptiste qui brille au centre du logo de la ville, retrouve-t-on la valeur de la laïcité ? Projets : pour moi, « Perpignan la Catalane » est fière de sa multitude, de son cosmopolitisme et de sa géopolitique.

"En laissant le siège du maire nouvellement élu au premier adjoint, il a détruit tout ce qu'il avait construit."

“En laissant le siège du maire, qui vient d’être réélu, au premier adjoint, j’ai détruit tout ce que j’ai construit.”
L’Indépendant – Michelle Clémence

Dans le chapitre consacré au Théâtre de l’Archipel, vous évoquez votre démission à la mairie de Perpignan (2009) et vous vous investissez pleinement dans la communauté du cluster pour Jean-Marc Pujol, que vous n’avez pas cité. “Je regrette d’avoir pris une décision aussi irresponsable où un peu de bon sens m’a échappé…” Vos aquarelles sont-elles politiquement incorrectes ?

Mais dans l’ensemble ! J’ai 80 ans, et ça te donne le temps de prendre du recul. En repensant à cette période, je me rends compte que j’ai fait une énorme erreur. Les gens n’ont tout simplement pas compris quand j’ai été élu de manière spectaculaire (53,54% devant la socialiste Jacqueline Amiel-Donat -33,08%, Jean Codognes -13,38% sur la liste MoDem/Parti Vert), NDLR. ) Je laisse mon écharpe au premier adjoint. Ils y ont vu une sorte de trahison. J’ai détruit tout ce que j’ai construit. Mon successeur n’avait pas le charme nécessaire dans le projet urbain j’ai commencé à trouver la même dynamique. Pour moi, le pouvoir économique venait de la communauté de communes. Le citoyen ne l’a pas compris. Et quand le citoyen ne comprend pas, c’est vous qui avez tort. C’est une erreur politique. J’ai surmonté ma culpabilité. Mon erreur a conduit à l’arrivée du Rassemblement National à la Mairie de Perpignan.

"Je suis entouré d'amour, je suis en bonne santé.  L'amertume n'est pas permise."

“Je suis entouré d’amour, sain et non amer.”
L’Indépendant – Michelle Clémence

Vous dites que vous n’avez pas peur de la mort, mais “peur d’être oublié”. Êtes-vous constamment hanté par l’effacement de la mémoire collective ?

Non, mais tous les politiciens qui croient avoir la vie éternelle le sont aussi. Vous devez l’accepter. Des choses à vivre, des aquarelles à réaliser, des analyses à proposer jusqu’au dernier souffle. En même temps, je sais que les traces vont disparaître. Je m’inquiète des poches d’air au début du livre. Au final, je me console car il est normal que des choses s’oublient à mesure qu’on progresse dans la production de livres. Je suis entouré d’amour, je suis en bonne santé. L’amertume n’est pas permise.

Terminez-vous votre livre par une aquarelle de l’entrepôt de la famille Alduy à Palalda et les mots “Ici pour me reposer après mon dernier souffle…” ?

Non, ce n’est pas un testament, j’espère écrire à d’autres ! J’ai imprimé plusieurs exemplaires de la généalogie de la famille Alduy jusqu’en 1600, mais il y aura des livres pour mes enfants, mes petits-enfants et la postérité. Je pensais que ce serait bien de finir comme ça. Le capitaine François Alduy de la Légion d’honneur, fils d’un des neveux de mon grand-père, décédé en 1914, y repose. Ma mère, Jacqueline, est là, et mon père, Paul. Bien sûr, quand mon dernier souffle viendra, j’irai les voir.

Le vendredi 2 décembre 2022, à 18h, à la librairie Torcatis de Perpignan, je rencontre Jean-Paul Alduy autour de son livre Jusqu’au dernier souffle, aux éditions Les presses littéraires, 172 pages, 24 euros.

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