Route du Rhum – “La mort n’a pas voulu de moi…” : l’incroyable récit de Fabrice Amedeo après son accident

Mardi matin, Fabrice Amedeo posera le pied aux Açores, sur l’île de São Miguel, où Marcel Cerdan a perdu la vie dans un accident d’avion en 1949. Amedeo est bel et bien vivant. Mais il a un long chemin à parcourir. De loin.

Après l’effondrement dimanche qui a provoqué une fuite de la partie habitable du bateau, une explosion s’est produite lundi à bord de l’Imoca, Nexans – Art & Fenêtres suivie d’un incendie. “Il a pris feu sous mes yeux. Tous mes rêves ont été engloutis par lui“, a déclaré un marin de 44 ans dans un témoignage émouvant publié sur son site officiel et celui de la Route du Rhum.

Mais l’essentiel est qu’il soit là pour raconter l’histoire. Malgré la douleur d’avoir perdu son bateau, Fabrice Amedeo a réussi à regarder autour de lui quelques heures après son accident. “La mort ne voulait pas de moi aujourd’hui, ou la vie ne voulait pas que je parte. Je suis déçu mais l’homme le plus heureux car ce soir ma femme et mes filles ne vont pas dormir en pleurant.“, Il est confiant.

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Amedeo est en sécurité après une explosion survenue dans son bateau

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Dimanche matin pourtant, tout allait bien pour Mayenne, selon son récit. Puis le grand four pointé sur le nez :”Du coup, je me suis rendu compte que mon plastique avait explosé dans une vague et que j’avais plusieurs centaines de litres d’eau dans le bateau. Je me lève pour être en sécurité et commence à tout vider. À ce stade, les batteries affectées par l’eau tombent en panne et je me retrouve dans l’obscurité totale. Il n’a pas beaucoup de puissance : pas de pilote automatique, pas de calculateur, pas d’électronique

Un déluge de flammes jaillit de la pièce

Dans l’après-midi, il a vu de la fumée sur le toit, mais après avoir utilisé un extincteur, il a réussi à la cacher. Par précaution, il a mis sa ceinture de sécurité et s’est dérouté vers le Portugal et Cascais, un port de pêche sur l’Atlantique. Dans une mer hostile, il parvient tant bien que mal à passer, dort deux heures le soir puis regagne le rivage toute la nuit. Mais le pire est encore à venir. Lundi midi, il n’y aurait plus rien à sauver, sauf sa peau. Il a dit:

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Peu après 12h30, une nouvelle fumée s’est élevée dessus. Après une explosion. Je suis retourné à la cabine et j’ai réussi à récupérer mon TPS (combinaison de sécurité, ndlr). Mon sac de soute (sac de sécurité) a été laissé en cabine. Je vais chercher mon alliance. J’ai appuyé sur l’extincteur, mais rien n’y fait. La fumée n’est pas claire comme hier mais jaune. L’invasion devient jaune. Les embruns d’eau de mer sont comme le bruit de l’eau frappant une casserole. Je comprends que je dois partir.

Je préviens mon équipe d’une possible évacuation. Quand je m’arrête, je suis à l’arrière du bateau prêt à activer ma sécurité : un flot de flammes sort de la cabine et du capot. Je suis en flammes. Je ne peux même pas ouvrir les yeux. J’arrive à pousser le courant de vie dans l’eau et je saute. Habituellement, l’extrémité tenant la sécurité du bateau doit être libérée. Il ne lâche rien. Le bateau, que j’ai eu le temps de calmer, mais qui avance toujours, poussé par la mer agitée, tire le matériel de sécurité qui se remplit d’eau. J’ai réussi à monter dans l’avion sans lâcher prise.”

Je pense que c’est là que tout s’est passé et que les choses ont pris un bon tournant. Je me suis dit : ‘Si tu veux vivre, tu as quelques secondes pour trouver le couteau et le couper’. Imoca me tire vers lui. Les vagues reviennent dangereusement contre lui. Finalement, j’ai pris un couteau et je l’ai coupé. Ma vallée descend jusqu’à l’Imoca qui brûle. Il faudra 30 minutes pour plonger. Je lui ai parlé et je l’ai remercié. On devait faire le tour du monde ensemble en deux ans

Cependant, il n’est pas tiré d’affaire maintenant. Il est dans l’eau, pas dans la mer de pétrole. Mais Fabrice Amedeo fera preuve d’un grand calme : “Je me suis dit : “Personne ne sait que le bateau a coulé et que tu es dans ton propre bateau. Si tu coupes ta lumière et que tu arrives à la prendre et à remonter le radeau, ils auront l’information.” C’est ce que je fais“Dans toute cette série, il a été surpris d’être”Calme incroyable“.”La vallée est constamment remplie d’eau par des ondes lumineuses. Je l’ai mais je me sens en sécurité. Cependant, je sais que rien n’est décidé“, il ajouta.

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Toutes les 30 minutes, pour économiser les piles, je passe un appel Mayday VHF. J’y suis allé avec la VHF grâce à Eric mon chef de groupe qui a pris le temps de me donner ce conseil juste avant la fermeture. J’ai des batteries dans le radeau plus tard.

Ses premiers appels VHF à l’aide se sont avérés vains. “Puis, au bout d’un moment, une voix me répondpoursuit le survivant. Un camion à 6 milles de chez moi est entré dans la région. Je suis confiant, mais je ne vois pas comment je vais chevaucher ce mastodonte des mers, je suis constamment en communication VHF avec le capitaine qui ne me voit pas : la mer est grosse, le soleil est aveugle et Je suis un petit point orange. Il m’a dit : ‘Tu es en vie parce que tu m’as dit : je suis à environ 2 milles de ton tribord.“(“Je suis à environ deux milles à votre tribord“)

La dernière étape du sauvetage est aussi la plus difficile, pas la moins dangereuse, et sans doute la plus effrayante, comme le dit Fabrice Amedeo : “C’est incroyable d’être dans mon radeau pneumatique à quelques mètres du gros fer“cette”imeuble“, comme il le révèle. Il faudra deux visages pour parvenir à le sortir de l’eau. Là, encore, il flirte avec le pire.”L’équipage me lance des cordes dont je ne peux pas me remettre au début, glisse le marin. Enfin, j’y suis arrivé. J’en récupère un près de la proue du navire. Tout se joue sur le fil. Il y a une ligne mince entre le succès et l’échec, la sécurité et le drame

Dans le film, le suspense sera insoutenable dans cette séquence finale. Mais ici, il n’y a ni personnage ni situation. En réalité, cet homme est coincé entre deux parties et on ne sait pas ce qui est le plus terrifiant, la mer ou le cargo. Sauf que le second veut le prendre au premier qui menace de l’engloutir tout entier.

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Heureusement, une fin heureuse est à venir. “Le personnel m’a traîné dans les escaliersdit encore Fabrice Amedeo. Dans les vagues, je monte parfois jusqu’au niveau des escaliers, puis descends 5 mètres. C’est la dernière épreuve. Si la sécurité passe sous l’escalier je serai transpercé et jeté à l’eau. Je viens pour la première fois : je ne le sens pas. Dans la deuxième vague, je suis monté en espérant sauter dans les escaliers pour l’atteindre, puis je me suis retrouvé avec un homme avec un chapeau dans les mains. je remonte à la surface

En surface, les images que tous ont sauvées et les sauveurs de l’histoire de la navigation se partagent et se racontent, sans mots cependant, ne pourront jamais donner la pleine mesure du temps vécu. “C’est fou maintenant. Ils me tiennent la main, me félicitent. Avant que j’aie eu le temps de dire ouf, ils m’ont emmené dans une chambre et j’ai enlevé ma combinaison de sécurité. “Mais tu es sec”, taquinent-ils. Oui, oui, nous avons équipé nos bateaux pour la régate ! Je me suis douché et j’ai mis mes vêtements de travail

Pour les camions, c’est l’atterrissage. Le calme face à la catastrophe fait place à la compréhension. L’escalade est aussi une descente émotionnelle. “C’est une fois à bord du cargo que la peur et l’adrénaline sont venuesil admet. Les jambes tremblent. C’est la folie de cette puissance animale que l’Homme peut gérer en situation de survie. Et puis ça arrive. En sortant de la douche, j’ai été accueilli par le capitaine et son second. Nous nous serrons la main. Ils ont aussi les jambes tremblantes me disent-ils

Mardi, Fabrice Amedeo laissera ces hommes se gratter les épaules quelques heures seulement. Mais les hommes n’oublieront jamais, et vice versa. La mer et la mort ne voulaient pas. D’abord, il ne veut pas : “Cette aventure ne change en rien ma passion pour mon travail et la mer.“Le marin ne guérit pas.

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